Plateforme d’interventions sur les pratiques et dynamiques sociales

Accueil > ACTUS > L’activation... et après ?

L’activation... et après ?

Comment faire d’un accompagnement sous la contrainte une chance ?

L’activation des chômeurs et autres allocataires a pour conséquence que les professionnel-le-s de l’insertion sont de plus en plus confronté-e-s à des personnes qui s’adressent à eux/elles sous la contrainte d’un organisme qui les contrôle. Dans le cadre du projet Coaching d’insertion soutenu par le Fonds social européen et les autorités belges, Flora organise une formation thématique à l’intention des professionnel-le-s de l’accompagnement qui travaillent avec ce type de public.

Naguère, les personnes qui s’adressaient à un organisme d’insertion pour y trouver une formation ou un accompagnement le faisaient généralement pour atteindre un objectif – plus ou moins élaboré – qui les motivait, et non pas parce qu’elles avaient signé un « contrat » avec l’ONEM ou un autre organisme maître de leurs ressources. Quelle est actuellement la proportion de personnes qui se présentent de leur propre initiative par rapport à celles qui viennent sous la pression ? Bien malin qui pourrait l’évaluer, d’autant plus que ce n’est pas quelque chose qui se dit ouvertement.
Selon le dispositif dans lequel ils fonctionnent, les professionnels de l’insertion sont eux-mêmes soumis à une pression plus ou moins intense d’obtenir avec leur public, généralement défini comme « éloigné de l’emploi », des résultats en termes d’accès à l’emploi ou d’accès à une formation qualifiante.
Or, la réforme des allocations de chômage va encore accentuer la pression sur les personnes « activées » et va sans doute faire grossir la troupe des demandeurs d’accompagnement au-delà des capacités d’accueil des organismes d’insertion.
Ces pressions sur les personnes sans emploi et sur les professionnels de l’insertion s’exercent dans un contexte où il n’y a pas assez d’emplois pour toutes les personnes sommées d’en chercher un.
Tant pour les personnes « activées » que pour les professionnels de l’insertion, il y a de quoi se révolter et/ou se décourager.

POSITIVONS !

Et pourtant… Serait-ce mieux si les personnes éloignées de l’emploi en raison de « handicaps » divers étaient considérées comme des « inutiles » à qui une allocation serait versée à condition de se faire oublier dans une société qui ne valorise que la participation à l’activité dite économique ?
Tant que l’emploi restera le moyen par excellence de se faire une place dans la société et d’exercer un contrôle sur sa propre vie, l’activation peut être vue positivement, dans la mesure où elle amène des personnes qui ne l’auraient peut-être pas fait spontanément à sortir de chez elles et à se poser des questions sur ce qu’elles veulent et peuvent faire de leur vie dans le monde tel qu’il est. Leur fournir un accompagnement professionnel pour ce faire, c’est leur donner une authentique chance d’améliorer leur sort et d’accroître leur autonomie, voire de contribuer à rendre le monde meilleur.

C’est possible à condition que le professionnel de l’insertion et la personne accompagnée arrivent à reconnaître les contraintes qui pèsent sur eux et à se créer un espace de liberté dans lequel chacun assumera ses responsabilités : la personne accompagnée en se fixant un objectif à sa mesure, l’accompagnant en étant à ses côtés pour l’aider à comprendre les règles du jeu, à analyser ses problèmes et ses enjeux et à identifier et mobiliser ses ressources.

AGISSONS OÙ NOUS LE POUVONS

Changer le système qui prévaut actuellement, c’est une tâche de titan ! Agir aux niveaux les plus accessibles (soi-même, les personnes et les groupes avec qui nous sommes en relation, les organisations où nous travaillons), c’est plus gratifiant à court terme et – qui sait ! – c’est peut-être initier un cercle vertueux qui fera bouger le système à moyen ou long terme.

C’est pourquoi Flora a conçu une formation en deux journées qui vise à entraîner les professionnels de l’insertion à :

  • accueillir positivement les personnes en insertion qui s’adressent à eux sous la contrainte ou de leur propre initiative (ou un mélange des deux !) ;
  • sélectionner le plus judicieusement possible celles à qui proposer un accompagnement dans le cadre de l’organisme d’insertion où ils travaillent ;
  • définir avec celles-ci un contrat fonctionnel d’accompagnement réaliste, où les responsabilités respectives de la personne accompagnée et du coach soient clairement explicitées ;
  • aider la personne accompagnée à prendre conscience de ses besoins satisfaits/insatisfaits et à mesurer le déséquilibre entre son vécu présent et ses aspirations, pour définir un projet de changement en accord avec ses enjeux. Cette formation crée un dispositif propre à enclencher un travail des participants sur leur propre fonctionnement professionnel, comprenant l’expérimentation des outils sur eux-mêmes et avec les personnes qu’ils accompagnent, afin de favoriser leur intégration dans leur pratique régulière.

La formation sera organisée les lundis 19 mai et 2 juin, à Namur, pour un groupe de 10 à 12 participants issus de plusieurs organisations (maximum 2 personnes d’une même organisation dans un même groupe). Voir la présentation détaillée dans les fiches de présentation des formations en Coaching d’insertion.
Une formation sur cette thématique peut aussi être organisée en interne pour une organisation souhaitant lancer une réflexion d’équipe afin d’améliorer son approche des publics contraints.

Pour toute information complémentaire ou pour poser votre candidature à la formation, veuillez envoyer un courriel à formation@florainfo.be .