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Flora est désormais membre du Club de Rome (Chapitre européen)

Le 2 Septembre 2013, l’ASBL Flora a été reconnue comme membre institutionnel du Club de Rome, chapitre Européen. Le Club de Rome est un groupe de réflexion mondial qui se préoccupe des défis majeurs de notre planète et qui a des branches sur tous les continents. Comme son nom l’indique, l’objectif du groupe basé à Bruxelles est de construire des ponts entre le Club de Rome et les institutions européennes afin d’informer, d’éduquer et d’inspirer la politique européenne. L’adhésion institutionnelle d’une association peut être accordée en raison de sa contribution financière, logistique ou intellectuelle. C’est principalement pour cette dernière raison, grâce à son expertise dans le domaine de la durabilité sociale, que Flora a été acceptée en tant que membre. Le chapitre de l’UE du Club se veut être un forum où des alternatives pour un monde plus durable sont explorées (1). Sur base de près de vingt années de recherche-action, Flora a développé de nombreux savoirs qui peuvent contribuer à cette mission.

Le Club de Rome est surtout connu suite à la parution du rapport « Halte à la croissance », publié en 1972 par un groupe de chercheurs dirigés par Donella Meadows (2). Fin 2011, Dennis Meadows, l’un des co-auteurs du rapport, était en Belgique afin d’établir un état de lieu des développements entrepris depuis 1972. Il a suggéré que l’état de la planète est déterminé par les quatre facteurs suivants.
1. Le nombre de personnes sur la planète (fait qui n’est pas prêt de se régler sur le court terme) (3) ;
2. Le nombre de « biens » que les gens utilisent (nourriture, maisons, avions ...) ;
3. Les quantités de matières premières et d’énergie qui sont utilisées pour produire et utiliser l’ensemble de ces biens ;
4. La mesure dans laquelle ces matières et cette énergie utilisées sont renouvelables.

Au cours des quarante dernières années, explique Meadows, les deux derniers points ont été principalement travaillés. On investit dans des « voitures propres » et dans les « maisons basse énergie » (point 3), mais à cause de la logique de croissance de l’économie monétaire, nous produisons de plus en plus, de sorte que l’avantage net pour l’environnement reste négatif. Nous investissons, par exemple, dans l’exploitation de biocarburants pour trouver une alternative au pétrole (point 4), mais là encore, cela se fait au détriment de la nourriture et de la biodiversité. Parce qu’une partie des productions est maintenant réalisée grâce à la technologie ou à l’énergie « verte », nous avons l’impression de préserver les ressources de la planète, et nous croyons donc que la croissance économique (stimulée par l’innovation technologique) reste quand-même la meilleure solution à toutes les crises. Pourtant, l’unique échappatoire, dit Meadows, est de travailler - d’urgence - sur le second point, c’est-à-dire investir dans « l’innovation sociale ».

Ainsi, les problèmes de mobilité peuvent aussi être résolus par le partage de voitures entre citoyens et les produits cultivés par l’agriculteur local pourraient être apportés à l’équipe en charge de la nourriture du voisinage pour éviter que chaque individu recourt à sa voiture pour aller acheter sa nourriture. L’innovation sociale signifie donc l’assouplissement d’un système patriarcal, concurrentiel et axé sur le profit privé, mais aussi le renforcement de pratiques plus égalitaires, solidaires et inclusives dans lesquelles le bien-être de tous (y compris les générations futures) est primordial.

De l’analyse en genre, Flora a développé une expertise de sorte que le travail et l’économie soient envisagés de façon plus inclusive et attentive. Et dans la recherche « Wijze Wetenschappen », nous avons démontré scientifiquement que les organisations sociales de co-création et les initiatives citoyennes jouent un rôle clé dans la transition vers le développement durable (4). Vous voyez Flora avance en terrain connu dans le Club de Rome !


(1) Ainsi en 2012 le Chapitre EU a publié un rapport concernant des solutions possibles pour la crise financière . Voir http://www.clubofrome.eu/publications/article/money-and-sustainability-the
(2) Meadows, Donella.H., Meadows, D.L., Randers, J. & Behrens, W.W. III. (1972). Halte à la croissance
(3) Comme on le sait, ce facteur est fort lié aux questions de l’éducation et des droits reproductifs des femmes. Le fait que le Chapitre EU a admis en tant que membre d’honneur Dr. Marleen Temmerman, qui fait du travail d’avant-garde dans ce domaine, est donc un signal fort.
(4) Les rapports Wijze Wetenschappen peuvent être trouvés sur notre site web (en Néerlandais uniquement). http://www.florainfo.be/IMG/pdf/rapport_wijze_wetenschappen-2-2.pdf
http://www.florainfo.be/IMG/pdf/wijze_wetenschap_status_quaestionis-3.pdf
http://www.florainfo.be/IMG/pdf/wijze_wetenschap_transitie_tijdslijn-3.pdf
Une etude parallèle est arrivée à la même conclusion ; zie Tom Dedeurwaerdere (2013). Les sciences du développement durable pour régir la transition vers la durabilité forte (Rapport sur l’organisation de la science). Louvain-la-Neuve : UCL.