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Des femmes astucieuses débordantes de savoir

6 juin 2011
Des histoires de femmes et le rôle de Flora

Deux histoires de femmes qui ont pris leur destin en mains ont été publiées dans la presse récemment. Ces récits nous apprennent beaucoup sur les besoins d’une société qui cherche plus de durabilité.

Emploi et travail domestique, une initiative intelligente !

Visie, le journal de l’ACW (koepel van de christelijke werknemersorganisaties - pendant flamand du Mouvement ouvrier chrétien – MOC) a publié en avril 2011 une interview captivante d’une dame qui travaille depuis 7 ans dans une entreprise de titres-services de nettoyage. Elle parle avec fierté de son travail. Elle décrit toute la satisfaction qu’elle retire de la relation avec les clients, et souligne l’intérêt d’avoir un coach à ses côtés. Elle trouve aussi agréable l’autonomie dont elle dispose pour organiser et planifier son travail. Par contre, elle regrette d’avoir peu de contacts avec ses collègues, et ce malgré les 3 réunions d’équipe par an. De plus, la société regarde avec condescendance les auxiliaires de nettoyage, mais là encore l’employeur prend des mesures pour former l’équipe à « la valeur de son travail » (1). Ainsi, les femmes peuvent mieux apprécier leur ouvrage.

Les femmes ont également trouvé elles-mêmes une solution à un autre problème : « le soir, je n’ai plus l’envie de faire mon propre ménage. J’entends ça aussi de la bouche de mes collègues. Certaines d’entre elles ont résolu le problème en faisant également appel à une société de titres-services et en engageant une aide ménagère. » Ceci est une belle illustration de ce que Flora soulève depuis longtemps : le travail est uniquement reconnu dès lors qu’il se monnaye. Qui fait le ménage à son domicile ne travaille pas, mais qui fait le ménage de l’autre et réciproquement contre rémunération travaille. Et cela vaut également pour les gardes d’enfants et le soin aux personnes âgées. Selon les économistes et les politiciens, toutes ces tâches doivent s’intégrer au marché économique et donc être exploitées commercialement. Les femmes de ménages jouent brillamment le jeu et s’intègrent doucement mais sûrement aux règles du jeu définies par les lois du gouvernement. Inclues dans ce système, elles sont très efficaces ! Mais combien de temps encore les titres-services resteront abordables ? Ce n’est certainement pas une préoccupation pour ces femmes. Après tout, elles n’ont pas inventé les règles du jeu.

Trouver la résilience dans le savoir des femmes

Un autre exemple peut être lu sur le site de la New Economics Foundation (2). Les communautés humaines partout à travers le monde sont touchées par le changement climatique. « Climate Wise Women » est un projet qui donne de la visibilité à la façon dont les femmes, dans une dimension locale, gèrent la crise et de prennent soin de la collectivité et de leurs familles sur base d’une approche alternative.

Dorénavant, dans les îles du Pacifique Sud qui sont inondées (ou le seront bientôt), Ursula Rakova aide les 1700 habitants à déménager pour trouver refuge sur une île plus grande et moins facilement inondable.

Depuis 2006, l’Est de l’Ouganda est ravagé par des sécheresses et des inondations. Constance Okollet y nourrit les enfants des personnes emportées – comme ses propres enfants -par les courants. S’appuyant sur ses anciennes connaissances sur les plantes et sur les récoltes, elle cherche de nouvelles cultures et étudie les technologies d’agriculture plus durables, dans le but d’aider sa communauté à survivre.

Alors que le monde scientifique et politique en est encore à discuter de l’existence du changement climatique, les communautés locales du monde entier comptent sur des femmes comme Ursula et Constance pour trouver des solutions audacieuses qui assurent leurs survies. Ces femmes n’attendent pas que le gouvernement et le monde scientifique changent les règles du jeu. Elles osent sortir des sentiers battus pour donner une nouvelle interprétation à la notion de travail, au travail agricole (productif) autant qu’au travail de soin. Et cela en s’appuyant sur leurs forces et leurs savoirs en tant que femme (travail pour soi). Grâce à un projet tel que « Climate Wise Women », les femmes peuvent partager leurs connaissances à travers le monde avec d’autres femmes et avec d’autres collectivités confrontées à des défis similaires, y compris dans des régions riches d’Amérique. Et cela elles le font gratuitement… Qu’auriez-vous imaginé d’autre ?

Le rôle de Flora : travailler ensemble pour la durabilité !

Ces histoires illustrent parfaitement ce pourquoi Flora existe. Nous continuons à souligner les crises et les paradoxes sociaux comme les conséquences d’une stratégie de « super efficacité », dictée par les banques et les économies monétaires. Nous développons avec les femmes, qui agissent localement, et leurs organisations des solutions alternatives et novatrices pour faire face à ces crises et ces paradoxes.


Nous construisons un réseau national et international de savoir sur la durabilité et la solidarité. Avec les hommes et les femmes, nous collaborons à des stratégies durables, inclusives et égalitaires (3). Le jeudi, 23 juin prochain, Flora tient son Assemblée Générale dans laquelle, nous voulons échanger avec vous sur le rôle de Flora dans le contexte actuel. Vous êtes tous les bienvenus !