NEWS : L’équipe Flora » Mes premiers pas dans les Coulisses
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27 janvier 2009


Mes premiers pas dans les Coulisses


Isabelle De Vriendt, fraichement engagée chez Flora, se présente.

15 novembre 2008. La porte est entrouverte, je la pousse. A droite, Perpétue ; au fond, Anne, toutes les deux face à leur ordinateur. Je me sens accueillie, bienvenue dans ces locaux où je développerai très bientôt le projet Du « Je » au « Nous ». A l’étage, la lumière entre de partout : belle énergie, relayée par Sofie, Isabelle et Sandrine, laquelle m’emmène illico dans cette aventure passionnante de la capacitation citoyenne, soutenue par le Fonds d’Impulsion à la Politique des Immigrés. Il s’agira de créer un outil qui aide les femmes précarisées et d’origine immigrée à sortir d’une logique individuelle pour entrer dans une dynamique collective et créative, en réalisant un projet commun voué à être connu de tous et de toutes. Très bientôt, une autre aventurière, prénommée Ann, nous rejoindra. Avant ça, je ferai aussi la connaissance de Julia, à l’autre bout du monde – encore une aventurière ! - , de Rebekka et de Marie-Rose, de part et d’autre de la Belgique ! Sans oublier Barbara, Gitte et Katlijn, avec lesquelles l’équipe fait encore un petit bout de chemin.

Je n’ai oublié personne… Mais si ! Celle qui fait qu’on est toutes là ! Flora ! Je n’ai pas demandé à mes collègues le pourquoi de ce nom. Chez moi, je le passe au crible de Google, et je découvre vite le destin bouleversant de Flora Tristan, une femme puissante et pleine d’humanité.

Sur les traces de Flora Tristan

« Lima », « Arequipa », « discriminations », « précarité », « citoyenneté », ces mots lus sur la toile résonnent en moi comme un écho : je reviens d’un voyage au Pérou, rêve d’un mythe qui s’est concrétisé en une merveilleuse aventure humaine. Où la précarité est omniprésente : enfants des rues, vieillards démunis, femmes abandonnées… Mais l’espoir et l’action sont bien là : visite, à Arequipa, d’une maison d’accueil pour les enfants des rues et rencontre de Rosa, une autre femme qui fait bouger le monde, et qui vient de créer une maison d’accueil pour les filles maltraitées et violentées.

“Discriminations”, “citoyenneté” sont des mots ancrés en moi depuis longtemps déjà. Et j’ai eu l’occasion d’approfondir ces problématiques et d’y sensibiliser les jeunes lors de mon « séjour » au Centre d’Information et de Documentation pour Jeunes, où j’ai participé à la réalisation de deux outils pédagogiques, Racismes et discriminations et Une place à prendre. Maintenant, c’est au niveau de mon quartier que j’essaie, dans mon temps libre, de développer une culture participative et de favoriser les liens entre tous les habitants du voisinage.

Féminins pluriels

A Flora, dans les esprits et dans les bureaux, l’exposition « Vrouwelijk Meervoud-Féminin pluriel » a laissé de nombreuses traces. Rencontres avec le Réseau, avec les artistes et avec toutes ces femmes qui ont donné, créé, partagé. Ce projet a mobilisé une grande force créatrice à laquelle – on ne refait pas l’histoire – je n’ai pas eu la chance de participer. Mais pendant le même temps, j’ai écrit un recueil de nouvelles que j’ai intitulé… « Elles » ! Car, à côté des voyages, des rencontres, des dynamiques participatives, j’aime aussi m’arrêter pour écrire – des nouvelles essentiellement - , pour lire – des romans, des nouvelles et des essais - et pour méditer – sur la vie, l’amour, l’art, l’éducation, la société, l’humain et le divin.

Tout en fuyant la routine, j’ai toujours recherché et trouvé, dans mon travail, tant à l’école Decroly, où j’ai enseigné le français, l’espagnol et le latin, qu’au CIDJ et maintenant chez Flora, cet aller-retour entre action et réflexion, animation et pédagogie, créativité et esprit critique. Dialectique qui me nourrit et qui m’anime aussi dans ma vie personnelle et dans ma famille.

Ouverture et perspective nouvelles

Flora m’offre une nouvelle ouverture : de la Communauté française, je glisse vers le fédéral, dans une des rares associations qui couvrent toute la Belgique ! L’occasion pour moi de pratiquer à nouveau la langue avec laquelle j’ai grandi, puisque je suis née en Flandre de parents francophones. Je chausse à présent de nouvelles lunettes : des jeunes, je concentre maintenant mon regard sur les femmes précarisées, avec le souci d’agir, plus qu’avant encore, pour une émancipation de tous ! Me voilà donc dans le premier E-Coulisses/n de cette année, décidément bien neuve pour moi ! Avec l’espoir de vous rencontrer, au-delà d’une simple lecture, et de découvrir votre action émancipatrice pour construire peut-être ensemble ce nouvel outil et, encore et toujours, créer du lien !

Isabelle De Vriendt