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12 décembre 2012


Les nouvelles technologies à la lumière du genre : études et actions


Flora poursuit sa réflexion sur l’insertion numérique au travers de deux outils développés sur le terrain, pour les personnes précarisées et ceux qui les accueillent

Depuis 2010, l’asbl Flora s’est investie dans une réflexion et diverses actions autour des nouvelles technologies. Focus sur 2011 et perspectives pour 2012.

Etude de cas et journées d’étude

De nos jours, les technologies de l’information et de communication (TIC) sont omniprésentes. E-mail, sites web, facebook, skype, forums… offrent de nouvelles possibilités pour la participation à la vie citoyenne. Pour certains groupes d’adultes d’origine immigrée, le support ‘technologique’ représente un nouvel obstacle à une participation à la société civile et politique. On parle aujourd’hui de fracture numérique de 3ème génération : elle s’explique par le cloisonnement des compétences : les groupes qui ont les compétences technologiques sont trop peu en lien avec ceux qui développent les compétences participatives. C’est donc de manière transversale, en renforçant les liens entre les groupes et les associations, dans une dynamique collective, que l’on peut sortir les personnes précarisées de cette logique d’exclusion.

En 2011, l’asbl Flora a mis au point avec les travailleurs sociaux un cadre d’analyse du travail en termes de genre qui permet de visualiser et de remettre en question la dynamique complexe et multidimensionnelle, déclinée aux niveaux micro-, méso- et macrosocial, qui sous-tend la problématique du fossé numérique. Par notre travail avec les associations et avec les femmes précarisées et d’origine immigrée, nous savons que, pour ce public, une approche individuelle ne suffit pas, et que la construction de collectivités (au niveau micro) et de partenariats (au niveau méso) est indispensable. C’est une des conclusions de la journée d’étude « Le genre, ça vous TIC ? » organisée le 5 mai et dont vous pouvez lire une synthèse des échanges.

Les nouvelles technologies ont été également questionnées par Interface3Namur, le 29 septembre, lors de leur journée d’étude « Genre &TIC : des filières aux carrières ». Si la réflexion s’ancre dans la question de la place des femmes dans les métiers TIC, les échanges de la journée ont pu montrer combien la question de la place des femmes dans les métiers TIC englobe une problématique globale, liée à la formation, à l’éducation, aux stéréotypes et à l’exclusion.

Si l’asbl Flora a pu relayer les conclusions de la journée d’étude aux politiques, la plateforme mise en place par Interface3Namur sera, on peut l’espérer, un outil pratique de communication et d’échange afin de développer des pistes concrètes pour renforcer l’égalité des chances et une vision genrée de la place des TIC dans notre société. Dans la mesure des possibles, l’asbl Flora participera à cette initiative. Si vous aussi, vous souhaitez les rejoindre, rendez-vous sur www.genre-et-tic.be/doku.php… .

En octobre et en novembre, Sophia et l’Instituut voor Samenleving en Technologie ont organisé à leur tour des journées d’étude auxquelles Flora a également participé. Lisez notre article « Deux rendez-vous, deux thèmes : genre et technologie, un intérêt commun ».

L’action de l’asbl Flora sur le terrain : une interface et des ateliers e-citoyens Parallèlement à la réflexion menée auprès des associations et des travailleurs sociaux et à relayer auprès des décideurs politiques et économiques, l’asbl Flora souhaite développer des outils concrets qui soutiennent une introduction adéquate, c’est-à-dire pleine de sens, des nouvelles technologies dans les pratiques des associations et de leurs publics.

Ainsi, dans le prolongement du projet de sensibilisation à la participation citoyenne, Du Je au Nous, l’asbl Flora a développé une plateforme numérique liée au projet. Nous vous communiquerons bientôt les informations. Il s’agit non seulement d’un site où sont présentées toutes les parties de l’outil Du Je au Nous, par ailleurs téléchargeables gratuitement ; mais il s’agit aussi d’une interface dans laquelle peuvent s’exprimer tant les formateurs et formatrices que les groupes développant un parcours participatif. Ainsi, à l’instar des intervisions organisées in vivo tous les deux mois, les formateurs et formatrices ont l’occasion de faire part de leurs expériences, de leurs adaptations et de leurs questions. Par ailleurs, les groupes ont l’opportunité de rendre leur parcours participatif visible aux autres groupes de la ‘communauté Du Je au Nous’ et, par là même de faire le pas vers l’ « extérieur », à savoir, ici, l’espace public numérique.

Par ailleurs, l’asbl Flora met en place un nouveau projet qui vise à lutter contre la fracture sociale et numérique en renforçant les partenariats locaux et en aidant les femmes et les hommes précarisés à s’approprier des espaces et des moyens qui favorisent l’e-citoyenneté.

Dans un premier temps, il s’agit de mettre sur place un atelier numérique pour trois groupes pilotes de femmes et d’hommes d’origine étrangère et précarisé-e-s, et de partir de leurs besoins et de leurs pratiques pour les aider à s’impliquer dans une dynamique collective participative via les nouvelles technologies : il s’agit d’explorer avec les groupes les moyens de communication aptes à soutenir leur participation dans la société.

Dans un deuxième temps, au niveau local, à partir d’une marche exploratoire, des liens sont créés avec les espaces qui favorisent une participation par les nouvelles technologies (espace public numérique, bibliothèque, cybercafé, association…), pour renforcer le tissu social au niveau local. Le projet aboutira à un (ou plusieurs) modèle(s) de collaboration à l’échelle locale entre les ‘lieux de participation’ et ces ‘espaces numériques’ pour l’e-participation durable du public-cible.

Si vous souhaitez participer à cette expérience numérique, soit en faisant partie au Comité d’accompagnement du projet, soit en co-animant les ateliers avec votre groupe, n’hésitez pas à prendre contact rapidement avec Sofie Giedts (sofiegiedts[a]florainfo.be).

Dans ces deux projets, la méthodologie développée avec les groupes, si elle inclut une approche liée aux TIC, ne pourra combiner la formation de compétences TIC (individuelles) avec la dimension de cohésion sociale dans la mise en œuvre de projets.

Bien sûr, nous vous tiendrons au courant de chacun de ces axes en mettant en évidence leur impact sur le développement personnel et sociétal, que nous souhaitons plus durable.

N’oubliez pas le rendez-vous de Lire et Ecrire en collaboration avec Banlieues, Fobagra & CF2M. Le 19 janvier, Lire et Ecrire vous convie à une journée de réflexion et d’échanges : « TIC et alpha : mariage d’amour ou de raison ? ».

Isabelle De Vriendt