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27 août 2009


Les différents parcours Du « Je » au « Nous »


La phase-pilote du projet Du « Je » au « Nous » touche à sa fin

L’essence de la phase-pilote du projet Du « Je » au » Nous » a été la co-construction. En effet, il était essentiel que l’outil méthodologique qui sera le produit de ce projet de Flora réponde au mieux aux besoins des formateurs–trices qui seront amené-e-s à l’utiliser. Le public-cible des associations d’insertion socioprofessionnelle a également été impliqué de près dans l’élaboration de cet outil de sensibilisation à la participation citoyenne.



Le projet Du « Je » au « Nous » vise à réaliser un outil méthodologique. Les formateurs–trices en insertion socioprofessionnelle pourront utiliser cet outil pour sensibiliser leur public à la participation citoyenne. La phase-pilote du projet s’achève. Nous avons travaillé avec cinq groupes de femmes et avec leurs formatrices pour mener, dans chacun des groupes, un parcours Du « Je » au « Nous ». Et cela via une série d’animations. L’objectif était d’élaborer ensemble une trajectoire dans laquelle les femmes et leurs formatrices se reconnaissent, de manière à ce que ce parcours ait du sens pour toutes (1).


Les animations Du « Je » au « Nous » ont donc dû répondre aux besoins et aux questions du groupe ; cela a entraîné de grandes différences entre les différents parcours expérimentés dans les cinq organisations partenaires. Une telle ouverture offre une grande richesse dans les résultats, sur lesquels on peut maintenant rebondir pour élaborer un prototype de l’outil final.




Différents parcours

A Forma (Namur), le parcours du “je” au “nous” était clairement présent. Nous avons travaillé sur le renforcement de l’individu, et, ensuite, sur la dynamique de groupe. Dans ce groupe composé pour moitié de femmes d’origine africaine se posait la question de la culture et de la manière de participer « ici et maintenant », quand, dans sa tête, on est peut-être encore dans un autre temps, un autre lieu.

A Créasol (Liège), nous nous sommes employées dès le début à réaliser une action. Ce travail, qui a eu des hauts et des bas, a abouti à un résultat convaincant. Le 21 août, on a inauguré face aux bâtiments deux panneaux de sensibilisation pour les usagers de la route (lire l’article). Une des exigences des stagiaires était que ces panneaux résistent aux intempéries, de manière à ce que leur projet puisse avoir une action à long terme sur les conducteurs-trices (2).

A Buurtservice (Berchem), le parcours d’animations a pris une tournure plus philosophique. On y a travaillé sur des notions telles que ‘le groupe’, ‘la société’, ‘le quartier’, … Ces animations ont été données dans le cadre du ‘Sterk op je werk’ , ce qui a donné au parcours une autre dimension (3). Pour clôturer le parcours, nous avons réalisé une promenade exploratoire à Berchem, dans la très multiculturelle Driekoningenstraat. Nous avions décidé en groupe d’être attentives aux espaces favorisant ou non la ‘participation’ et le ‘vivre-ensemble’. L’exercice, sans être aisé, fut très riche. On y a surtout parlé ‘accessibilité’. Un magasin chic est moins accessible qu’un banc sur une place.


Nous avons réalisé le même exercice avec les stagiaires du Collectif des Femmes, de Louvain-la-Neuve. Pour certaines d’entre elles, qui ne connaissaient que le trajet de la gare au centre de formation, ça a été une réelle occasion de s’approprier d’autres lieux. D’autres ont découvert de nouveaux moyens de participer à la vie à LLN. Dans la ville estudiantine sont organisées toute une série d’activités : culture, débats, théâtre, … Le tout est de le (sa)voir. Un des défis du projet Du « Je » au « Nous », c’est de rendre visibles et si possible accessibles les initiatives participatives existantes. Pour terminer, Mo-Clean (Sint-Niklaas) offrait un contexte quelque peu différent. Mo-Clean est une entreprise sociale où les travailleuses peuvent travailler à durée indéterminée. Certaines y travaillent depuis plus de 10 ans. Les femmes se connaissent parfois très bien, ce qui entraîne une autre dynamique de groupe et est l’occasion de nouveaux questionnements à propos du projet. Comme dans une « vraie » entreprise, les femmes sont avant tout préoccupées par l’amélioration de leurs conditions de travail. L’action qu’elles ont choisies ensemble dans le cadre du projet Du « Je » au « Nous » a donc été de demander un entretien collectif avec Chris, le directeur de Mo-Clean. La rencontre fut constructive, très valorisante tant pour les femmes que pour Chris : les travailleuses y ont abordé tant les côtés positifs que les griefs. Els, responsable de formation chez Mo-Clean, a pris en main une série d’initiatives et veille désormais à la dynamique participative au sein de l’association : depuis notre départ sont nés une boîte à idées et un journal interne. A suivre…




Evaluer pour apprendre

Toujours mues par l’esprit de co-construction des savoirs, nous n’avons pas négligé les moments d’évaluation, bien au contraire. Presque chaque animation était clôturée par un exercice d’évaluation en groupe, et en fin de parcours, nous avons consacré toute une session à l’évaluation globale du projet avec les femmes.. Celles-ci ont pu donner leur avis sur le contenu, l’organisation et le résultat du parcours. Nous avons également eu un entretien d’évaluation avec les formatrices. Nous nous attelons maintenant à analyser l’ensemble de ces évaluations.




Et maintenant… ?

Les résultats des évaluations vont être présentés lors du 3ème et dernier comité d’accompagnement de la phase-pilote Du « Je » au « Nous ». Ce comité se tiendra le 15 septembre à Flora et rassemble partenaires, d’experts et de travailleurs sociaux intéressés par le projet. Nous y présenterons les différents parcours de la phase-pilote. Avec un regard sur l’avenir. Ensemble, toujours, en co-construction, nous évoquerons concrètement la réalisation d’un outil pour les formateurs-trices en insertion socio-professionnelle. Par ailleurs, nous avons demandé un subside au Fonds d’Impulsion à la Politique des Immigrés (FIPI), qui a déjà financé la phase-pilote, pour assurer la phase d’expérimentation et de diffusion. Il s’agira de partir des cinq expériences vécues pour réaliser un prototype de l’outil à expérimenter auprès de nouveaux groupes, à finaliser puis à diffuser. Une chose est ressortie clairement des évaluations avec les différents groupes : réaliser une action (dans le sens large du terme) en groupe renforce énormément l’individu… et le groupe. Il s’agit bien sur d’un processus où on est amené-e à renoncer à une partie de sa liberté individuelle et à faire des compromis. Mais chacun-e devient un maillon d’un plus grand ensemble et prend une place et une position dans le vivre-ensemble et dans la société.




Remarques

(1) La construction des savoirs par la participation (co-construction) est un des points d’ancrage de l’asbl Flora : http://www.florainfo.be/Presentatio…

(2) Le slogan : « Vous aimez la vie ? Nous aussi ! Ralentissez ! »

(3) ‘Sterk op je werk’ est une formation sur l’assertivité et la communication, dispensée par Vorming+ Antwerpen. Plus d’infos. E-mail : info@vormingplusantwerpen.be

Ann Dupont