Le projet Coaching d’insertion soutenu par le Fonds Social Européen (FSE), la Communauté française, la Région wallonne, la COCOF [1] et le Gouvernement fédéral a démarré en juillet 2008. Depuis lors, de nombreuses actions se sont succédé, touchant à ce jour plus de 120 personnes, dont certaines ont suivi plusieurs modules. Voici un aperçu de ce qui s’est fait, de ce qui est en cours et de ce qui s’annonce pour les mois à venir.
Le coaching d’insertion…
Le projet Coaching d’insertion s’adresse aux professionnel-le-s qui accompagnent des personnes en recherche d’insertion à différents moments de leur parcours. Il leur propose un entraînement au coaching, c’est-à-dire à une méthode d’accompagnement qui présente l’intérêt de mettre d’emblée la personne en insertion en position d’acteur/actrice de son propre projet (d’emploi, de formation qualifiante, de vie) et de la faire progresser vers l’autonomie.…et son public
Jusqu’à présent, nos modules de formation et de supervision ont surtout été suivis par :
des professionnel-le-s de l’insertion travaillant dans des organismes d’insertion associatifs ((O)ISP [2], EFT [3]), dans des CPAS [4] ou dans des structures publiques locales : assistant-e-s sociaux/ciales, responsables ou agent-e-s d’insertion, jobcoachs, formateurs/trices en (notamment ceux et celles qui accompagnent les stages en entreprises) ;
des professionnel-le-s de la transition professionnelle : personnes qui assurent l’accompagnement de personnes en insertion vers et/ou dans l’emploi dans des organisations de tous types : jobcoachs au sein des Missions régionales ou des Missions locales, jobcoachs intervenant auprès de personnes inscrites à l’AWIPH [5], responsables de l’accompagnement social et professionnel de travailleurs/euses dans des entreprises d’insertion…
Nos actions ont aussi intéressé des personnes qui interviennent bien avant qu’il ne soit question d’accès à l’emploi. Nous pensons par exemple à une accompagnatrice dans une maison d’accueil pour femmes victimes de violences ou à des animateurs/trices travaillant avec des personnes fort éloignées de la formation professionnelle ou de l’emploi.
Elles ont également pu toucher quelques conseillers/ères du FOREM Conseil.
La formation de base
La formation de base en coaching d’insertion en est maintenant à sa quatrième session et une cinquième session est déjà programmée à partir d’octobre prochain [6].Cette formation repose sur un dispositif propre à enclencher un travail des participant-e-s sur leur propre fonctionnement professionnel tout en s’exerçant à différentes techniques de coaching. Il faut donc déjà être actif/ve dans l’accompagnement de personnes en insertion pour s’y inscrire. La formation s’étale sur huit journées (indissociables) sur une période de huit à dix mois, pour permettre des aller-retour entre les notions abordées en séance et la pratique de terrain. Elle se focalise sur les bases du coaching avec un accent important sur la mise en place du contrat et la pratique du contrat, ainsi que sur des techniques d’entretien et de changement. Elle est co-animée par la responsable Coaching d’insertion de Flora, Marie-Rose Clinet, la psychologue avec qui la formation a été mise au point, Catherine Craps, et une coach active sur le terrain dans une association partenaire, en alternance Geneviève Languillier de la Calestienne ou Joëlle Roelandt de Monceau-Fontaines.
Supervision/intervision
Les séances de supervision/intervision pour les coachs qui ont suivi la formation de base en sont à leur deuxième session. Un module de supervision/intervision comporte cinq séances espacées d’environ 2 mois et chaque participant-e a en principe le droit de suivre deux modules. Les séances sont actuellement animées par Marie-Rose Clinet, Catherine Craps et Geneviève Languillier. Notre souhait d’autonomiser les modules de supervision/intervision en amenant les participant-e-s les plus chevronné-e-s à assurer l’animation indépendamment de l’équipe du projet ne semble pas prêt de se concrétiser, car les coachs ne se voient pas organiser des groupes autogérés et y participer régulièrement. Une formule qui s’inscrit dans un contrat avec Flora leur semble plus accessible compte tenu de leur charge de travail.Depuis 2009-2010, les matinées sont consacrées à une thématique choisie de commun accord en début de cycle, tandis que les après-midi se focalisent sur des situations amenées par les participant-e-s. En 2009-2010, les thématiques sont les suivantes : "outils et processus pour l’évaluation avec la personne et avec l’employeur", "respect des personnes accompagnées et de soi-même : comment mettre des limites", "passer le relais entre opérateurs", "accompagner l’émergence et l’évolution d’un projet personnel dans un contexte de contraintes", "faire évoluer les préjugés et stéréotypes des employeurs sur les personnes en insertion et réciproquement".
Du fait de l’approche thématique, les supervisions/intervisions se rapprochent en partie des modules de formation spécifique, où se manifestent d’ailleurs aussi des souhaits de suivi sous forme de supervision.
Comme la supervision exige un petit groupe constant, où une confiance suffisante se crée pour exposer en toute franchise des cas personnels en principe difficiles, nous réfléchissons à comment concilier tous ces éléments pour le ou les modules de supervision/intervision d’après les vacances d’été.

Formations spécifiques
Deux formations spécifiques ont été développées jusqu’à présent, avec un soutien spécifique du Ministre wallon de la Santé, de l’Action sociale et de l’Egalité des chances.
Le module "Philosophie et pratique de la triangulation jobcoach / employeur / femme ou homme en insertion" a rassemblé 16 participant-e-s pour trois journées de mai à septembre 2009 et une journée de suivi en février 2010.
Les objectifs de ce module étaient d’améliorer la capacité des jobcoachs à exercer leurs fonctions de catalyseur, facilitateur et médiateur, entre et avec leur client personne en insertion et leur client employeur ; d’entraîner les jobcoachs à ne pas se laisser piéger dans le triangle "Victime – Persécuteur – Sauveur" ; d’attirer l’attention des jobcoachs sur les dimensions de genre et de diversité, en particulier sur les discriminations possibles et les automatismes qui peuvent mettre en difficulté les femmes ou les hommes présentant diverses caractéristiques ; de fournir aux jobcoachs une grille de lecture des organisations et des outils pour agir efficacement dans chaque type d’organisation.
Le module était animé par Marie-Rose Clinet et par Gitte Beaupain, consultante chez Genderatwork. La première a pris en charge prioritairement les éléments liés à la philosophie du coaching et au processus de jobcoaching et la seconde a assumé prioritairement les éléments liés à la typologie des organisations et aux modèles de gestion des ressources humaines, ainsi que la question de l’impact du genre et de la diversité dans la triangulation.
Les participant-e-s ont été constamment associé-e-s à l’élaboration du contenu par la requête qui leur était faite de confronter les théories présentées lors des séances à leur vécu sur le terrain. Cela s’est traduit dans le manuel qui accompagnait la formation et qui comporte quatre chapitres théoriques avec des apports des co-animatrices, mais aussi un cinquième chapitre et des annexes rédigés en concertation avec les participant-e-s.
Nous comptons organiser une nouvelle fois le module "Philosophie et pratique de la triangulation jobcoach / employeur / femme ou homme en insertion" après les vacances d’été [7].
Le module "Réalités et fictions des pièges à l’emploi" a rassemblé 11 participant-e-s pour deux journées espacées d’une semaine en octobre 2009.
Bien comprendre les réalités des pièges à l’emploi d’ordre financier est indispensable pour accompagner la réflexion des personnes concernées de manière pertinente. Mais il est bon également d’être capable d’élargir la réflexion à d’autres retombées du travail, que les demandeurs/euses d’emploi peuvent obtenir (ou perdre !) en allant à l’emploi. Ce n’est qu’en maîtrisant ces deux dimensions que l’on peut fournir un accompagnement adéquat, débarrassé des préjugés et stéréotypes tant de "gauche" que de "droite", et permettre aux personnes accompagnées de faire leur choix en pesant bien les "pour" et les "contre" de chaque option.
Les objectifs de ce module étaient donc multiples. Il s’agissait d’abord d’améliorer l’information des coachs sur les pièges à l’emploi qui peuvent jouer (à court, moyen ou long terme) selon le statut et la situation familiale et en fonction des emplois accessibles, pour amener les coachs à faire le plus correctement possible la part des choses entre les réalités et les "on dit" en matière de pièges à l’emploi. Ensuite, il fallait investiguer avec les coachs les dimensions objectives et subjectives qui influencent positivement ou négativement la motivation à l’emploi des personnes en recherche d’insertion. Enfin, il s’agissait de préparer les coachs à travailler efficacement avec chacun-e de leurs client-e-s sur les enjeux d’une insertion (ou d’une non insertion) professionnelle à court, moyen ou long terme.
Le module était animé par Marie-Rose Clinet et par Sandrine Grosjean, responsable de projets chez Flora. La première a recueilli les informations sur les différents dispositifs où se jouent les pièges à l’emploi et les a mises en forme dans un document écrit de référence intégrant explicitement les dimensions de genre dans la problématique en se fondant sur l’analyse du travail et de l’emploi qui constitue le cadre d’analyse de Flora. La seconde s’est focalisée sur la mise au point des outils d’animation (notamment des disques de couleurs différentes permettant de représenter les différents types de travail exécutés par les personnes concernées et leurs retombées en termes de revenu et en d’autres termes, ainsi qu’un jeu de cartes permettant de définir aléatoirement des situations où les pièges à l’emploi peuvent intervenir).
Les deux journées de formation comportaient des exposés, des exercices à partir de la situation des participant-e-s eux/elles-mêmes (afin de leur faire expérimenter la réflexion sur les différentes formes de travail, l’emploi du temps et les retombées des formes de travail pratiquées), des échanges fondés sur les expériences des participant-e-s et des simulations d’entretien avec des personnes accompagnées. Entre les deux journées, les participant-e-s étaient invité-e-s à utiliser les outils reçus sur leur terrain.
Pour assurer une certaine durabilité dans une matière en évolution constante, nous avons veillé à ce que le manuel [8] contienne les informations les plus à jour sur les règlementations mais aussi les adresses des sites où les coachs pourraient se rendre pour actualiser les données au fur et à mesure de leurs besoins.
