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24 août 2009


La PI aux RPE de la CGé. Wablieft ?


En quoi la Pédagogie Institutionnelle peut-elle compléter utilement la démarche de Flora ?

Les Rencontres Pédagogiques d’Eté, organisées par le mouvement sociopédagogique Changement pour l’Egalité (CGé), rassemblent chaque année professeur-e-s, instituteur-ice-s, animateur-ice-s, formateur-ice-s et autres, désirant participer à divers ateliers et échanger au sujet de leurs pratiques. Un des membres de Flora a participé à l’atelier "Ecrire sur Ecrire", au cours duquel chacun des participants s’engageait à réaliser de manière coopérative une production écrite collective, dans le but de se former à organiser la coopération dans les lieux professionnels respectifs.



Prenons le problème par l’autre bout : c’est quoi CGé ?

ChanGement pour l’Egalité(1) est un mouvement sociopédagogique pour et avec les acteurs de l’éducation et de la formation en vue de l’égalité et de l’émancipation sociale. Depuis deux ans, l’équipe de Flora a délégué l’auteure de ce texte au sein de leur équipe politique. En effet, motivée par la question épineuse de l’enseignement en Communauté Française et par la place des filles et des garçons à l’école, l’équipe politique de la CGé paraît un bon lieu de réflexion et moyen d’action. Malheureusement, les difficultés au sein de l’enseignement sont tellement nombreuses qu’il semble toujours y avoir une autre priorité que celle de l’égalité entre les genres à mettre en œuvre.


Et les RPE ?

Les Rencontres Pédagogiques d’Eté sont organisées chaque année fin août par CGé. Il s’agit de rassembler des professeur-e-s, instituteur-trice-s, animateur-trice-s, formateur-trice-s, et encore bien d’autres, dans des ateliers concernant leur pratique ou leur permettant de découvrir des aspects encore peu explorés de leur profession. Cette année, 14 formations de 3 ou 6 jours étaient proposée à environ 200 personnes Cela allait du clown à la géométrie spatiale en passant par une initiation à l’analyse transactionnelle ou la pédagogie institutionnelle.


Et donc la PI c’est… ?

La Pédagogie Institutionnelle est, pour simplifier de façon un peu caricaturale, la pédagogie du projet développée par Célestin Freinet (1896-1966) complétée par la dimension institutionnelle apportée principalement par Fernand Oury (1920-1998).

Mais qu’est-ce qu’une responsable de projet de l’équipe de Flora peut aller chercher dans un stage de P.I. ? La notion de projet et la co-construction que celui-ci demande sont familières aux membres de l’équipe. C’est plutôt la dimension institutionnelle qui peut manquer parfois, dans la mesure où l’équipe ne prend pas toujours le temps de mettre en place les garanties nécessaires à la prise de parole sécurisante pour chacun.

Dans le cadre du projet FIG (Forum Insertion Genre) de Flora, après la phase de recherche (en cours actuellement), nous voulons mettre en place des intervisions entre professionnelles assumant le même type de fonctions, mais pas dans les mêmes associations. Pour que cela puisse se faire, un cadre bien réfléchi garantissant sécurité et espace de liberté pour chacun est nécessaire. En PI, ce cadre prend le nom d’ « Institution ».

Il faut dire que le mot peut faire peur. Il est connoté de diverses manières et pas toujours des plus positives. Il peut, entre-autres, faire craindre une sorte de formatage de la tâche et des personnes à qui incombe la tâche.

Du point de vue d’une initiée à la PI, c’est le contraire qui apparaît : un cadre clair au niveau de la forme, du temps, et des responsabilités permet de concentrer, le moment venu, toute son énergie sur le contenu et de libérer, à ce moment-là, une force créatrice étonnante. Les outils de la PI ne peuvent pas être « copiés-collés » dans le cadre de Flora, ni en termes de recherche, ni en termes de formation. Mais l’éthique, présente derrière les outils, qui veut garantir la sécurité et la liberté nécessaire à chacun pour ses propres apprentissages, est un complément utile aux processus de co-construction.

En effet, lorsqu’un projet démarre, nul ne sait précisément où nous allons, et c’est heureux, sans quoi nous n’aurions plus grand-chose à co-construire. Mais cela peut être inquiétant, donner une impression de flottement inconfortable. Si nous pouvions dès le départ définir :
- qui a quelle responsabilité en termes de droits et de devoirs ?
- quand, comment, à qui et en quel lieu rendre compte de ces responsabilités, voire avec quelles conséquences ? Ceci permettrait de dissocier la question de la responsabilité de la question du pourvoir en le nommant et en le limitant aux tâches et au temps imparti. Ce travail pourrait rassurer tant les membres de l’équipe que les partenaires qui acceptent de s’engager dans un projet.

Pour ce qui est d’utiliser concrètement des outils de PI dans le cadre des intervisions du FIG, il faudra les réfléchir pour qu’ils s’adaptent à ce contexte. Mais une éthique qui veut garantir une sécurité dans la forme pour offrir une liberté sur le fond paraît être un atout majeur pour ce type de groupe de travail.


Un site Internet et plus de 700 signets !

Pour l’anecdote, le groupe de formation a démarré un lundi matin avec pour consigne de former deux sous-groupes, un qui travaillait sur la toile, l’autre sur papier, et d’avoir pour la fin du stage (soit 6 jours plus tard) fourni une production collective et socialisable tournant autour du thème « écrire sur l’écrit ». Nous avons réalisé un site consultable pour un an à l’adresse www.pi-rpe-cge.be, et plus de 700 signets-accroches, vendus à la fin des RPE.
Sandrine Grosjean