L’Institut pour l’Egalité des femmes et des hommes vient de publier son troisième rapport sur l’écart salarial entre les femmes et les hommes en Belgique. Cette édition 2009 est essentiellement basée sur des données de 2006. Sa lecture est instructive.
Le rapport se divise en trois grands chapitres : les indicateurs généraux concernant l’écart salarial entre les femmes et les hommes, les facteurs favorisant l’inégalité et la décomposition de l’écart salarial.
Si les chiffres sur l’écart salarial en tant que tels sont intéressants, les facteurs explicatifs – et leurs limites ! – le sont peut-être encore davantage.
La décomposition de l’écart salarial selon le modèle Oaxaca-Blinder montre en effet que seulement 46% de l’écart salarial peut être expliqué sur base de 11 facteurs que l’on peut regrouper en trois grandes catégories :
- les caractéristiques professionnelles (profession, secteur, type de contrat, durée de travail, région, type de contrôle économique et financier)
- la situation familiale (état civil, type de ménage)
- les caractéristiques individuelles (niveau d’éducation, expérience, ancienneté dans l’entreprise). En d’autres termes, 54% de l’écart n’est pas expliqué.
Dans le modèle retenu, diront les mauvaises langues ! Mais si l’on considère tous les facteurs qui ont déjà été pris en compte, il ne doit pas y avoir une grande marge entre l’inexpliqué et l’inexplicable, c’est-à-dire la discrimination pure.
Le rapport peut être téléchargé ou commandé à partir du site web de l’Institut : http://igvm-iefh.belgium.be à la rubrique Publications .
Marie-Rose Clinet