Le projet EQUAL REJOINS, coordonné par FOREM Conseil, a rassemblé d’avril 2005 à mars 2007 tous les opérateurs wallons de jobcoaching d’insertion : les projets pilotes wallons et les missions régionales, mais aussi les projets pilotes fédéraux d’ACFI et de Flora et les projets pilotes de l’AWIPH. Les nombreux échanges entre les partenaires (jobcoachs et responsables des organisations) ont débouché sur un Guide méthodologique, rédigé par Marie-Rose Clinet, de Flora, qui est maintenant disponible en version électronique. En guise de présentation, voici quelques extraits de la préface, ainsi que le sommaire.
REJOINS, le guide
“REJOINS laisse en héritage aux organismes d’insertion qui travaillent avec des publics en grande difficulté, les clés permettant d’accéder au jobcoaching, une méthode qui a pour ambition d’amener et d’ancrer dans l’emploi ces publics réputés “difficiles à placer”. Le Guide constitue un document de référence de grande qualité, à la fois théorique et pratique. On y trouve une définition du jobcoaching, une description phase par phase du processus, un profil du métier de jobcoach mais aussi des outils de travail pratiques, y compris des trucs et astuces.
REJOINS, le partenariat
La réussite de REJOINS apporte également la démonstration de la valeur ajoutée du partenariat, de l’échange et de la mise en commun des expertises et des expériences. Intégrer dans un réseau coordonné par le FOREm, des acteurs de la formation et de l’insertion relevant de compétences ministérielles différentes, dotés de statuts différents, exerçant des missions différentes et n’ayant pas au départ une vision homogène du jobcoaching, constituait en soi un véritable défi. Grâce à un processus continu d’interaction et de partage, ces acteurs ont enrichi ensemble leur expérience et leur expertise et ont réussi à créer une véritable “communauté de pratique” du jobcoaching.
REJOINS, l’histoire
Mais un facteur essentiel du succès de REJOINS est sans nul doute le fait que ce projet soit le fruit de la convergence d’expérimentations multiples du jobcoaching, inscrites dans la durée. (…) L’idée d’utiliser le jobcoaching dans le contexte belge et wallon a germé en 2000. Elle est née d’un double constat : les difficultés d’ancrage dans l’emploi des publics fragilisés et le manque d’un dialogue sur un pied d’égalité entre le monde de l’entreprise et le monde de l’insertion. La rencontre avec deux expériences menées par nos voisins, l’une en France et l’autre au Pays-Bas, fut déterminante. Du côté français, il s’agissait d’un système de démarchage des entreprises en vue de l’identification d’emplois de premiers niveaux de qualification, couplé à une mise à l’emploi directe et rapide des personnes en recherche d’emploi. L’expérience hollandaise consistait en une méthode d’accompagnement intensif, individuel et sur mesure vers l’emploi et dans l’emploi qui visait non seulement la personne en insertion mais aussi l’employeur. De la confrontation de ces deux expériences est née une hypothèse, à savoir qu’en pratiquant l’ ”intrusion dans l’entreprise”, en faisant intervenir un nouvel acteur chargé de mettre en place un système de relations triangulaire fondé sur la contractualisation, tant avec l’entreprise qu’avec la personne en recherche d’emploi, il devait être possible de rompre le cercle vicieux de l’exclusion et du décrochage du marché du travail.
L’idée trouva preneur, tant au niveau fédéral qu’au niveau wallon, auprès des décideurs politiques, des bailleurs de fonds et d’organismes de terrain prêts à prendre le risque de s’engager dans ce qui se révèlera une entreprise humaine passionnante. Dès le départ, il fut acquis que les expériences pilotes bénéficieraient d’un soutien méthodologique, d’un système d’intervision et d’une mise en réseau, ce qui, sur le long terme, s’est avéré un facteur de succès déterminant. Il ne restait plus qu’à trouver un nom pour cette nouvelle méthode. Dans la mesure où l’expérimentation fut lancée d’abord dans le cadre de la programmation fédérale Fonds social européen 2000-2006, il fallait une appellation qui puisse fonctionner tant en français qu’en néerlandais. C’est ainsi que fut repris le nom de “jobcoaching”, utilisé aux Pays-Bas. Il y avait dedans le mot “job” et donc la référence à l’emploi, ainsi que l’idée du “coach”, celui qui dans le contexte sportif stimule et donne confiance, fait croître le talent, incite à se dépasser soi-même, à persévérer dans l’effort et à rebondir en cas de défaite. Le choix de ce néologisme anglo-saxon ne fut peut-être pas le plus judicieux, surtout au regard de l’emploi abusif du mot “coaching”, utilisé de nos jours à toutes les sauces. C’est sous cette appellation également que furent lancés en 2001 les projets pilotes wallons soutenus par la Ministre de l’Emploi et de la Formation de l’époque et la Fondation Roi Baudouin.
REJOINS, l’enjeu pour l’avenir
Depuis, le jobcoaching a acquis ses lettres de noblesse et la fonction de jobcoach est reconnue dans sa spécificité. Le projet REJOINS a constitué, sans nul doute, une étape significative tant pour cette reconnaissance que pour la constitution de la communauté de pratique évoquée ci-dessus. Il faut espérer que cette communauté puisse maintenir sa dynamique de co-construction, au-delà de la période de programmation Fonds social européen 2000-2006, et poursuivre son extension. L’enjeu est d’une part que cette extension se fasse dans le respect des balises fixées dans le Guide méthodologique REJOINS et d’autre part, que les moyens nécessaires soient mis à la disposition des opérateurs du jobcoaching afin de garantir un niveau de qualité élevé. En effet, se lancer dans le jobcoaching signifie bien plus que la création d’une nouvelle fonction de jobcoach au sein d’un organisme et la mise en route d’une nouvelle activité. L’implantation du jobcoaching induit un processus de changement au sein de toute l’équipe, une remise en cause des pratiques et des mentalités, une vision différente de la personne en insertion et de l’entreprise. Par ailleurs, comme toute intervention intensive, individuelle et sur mesure, inscrite dans la durée, le jobcoaching a un coût qui inclut également la formation initiale et continue des jobcoachs. L’expérience, l’expertise et les outils sont là. Espérons que les acteurs de terrain et les décideurs politiques auront à cœur de les faire fructifier, dans une véritable perspective de “mainstreaming”, afin de contribuer à la création en Wallonie de plus d’emplois, d’emplois de qualité et d’emplois pour tous.”
Le Guide méthodologique REJOINS est disponible en format PDF ici.
La brochure est disponible moyennant l’envoi de votre adresse de courrier électronique au secrétariat du Service des Relations partenariales du FOREM Conseil (cindy.bouserie@forem.be), coordinateur du projet, ou à Flora à Marie-Rose Clinet (marierose@florainfo.be), rédactrice de l’ouvrage.