Une marche ? Des femmes ? Il suffit de combiner ces mots pour que, dans le milieu associatif féministe, on vous parle d’un événement phare, la Marche Mondiale des Femmes(1). Cette grande mobilisation mondiale prévue entre mars et octobre 2010 se prépare dès aujourd’hui. A Bruxelles, les associations impliquées dans la plateforme régionale ont fait appel à Majo Hansotte pour aider les énergies à dire le juste et l’injuste.
Un moteur, des actrices
Mais qui est Majo Hansotte ? Auteure des Intelligences citoyennes et véritable pro-moteure de la participation citoyenne en milieu populaire et scolaire, elle a développé une méthodologie pour aider à dire le juste et l’Injuste. Dire, c’est-à-dire raconter, crier, dessiner, créer et seulement bien après, débattre. Car le débat est aujourd’hui arme de manipulation, de lutte de pouvoir, il risque de figer ou d’évincer les énergies transformatrices…
Pendant 3 jours, une quinzaine de travailleuses sociales se sont donc formées à cette méthodologie en plongeant dans la pratique. Leur point commun ? Elles font partie d’associations membres de la Coordination Bruxelloise de la Marche Mondiale des Femmes (3) : la Voix des Femmes, le Gams Belgique, le Monde selon les Femmes, Vie féminine, Amnesty International, Flora, l’Université des Femmes, la CSC et le Contrat de quartier Lehon-Kessels. Pascale Stevens, réalisatrice, les accompagnait pour capter les espaces sonores dans le but de réaliser une émission radio sur cette expérience (4).
Objectif Mars
Toutes ces actrices sociales partagent le même objectif : se mettre en marche et mobiliser toujours davantage pour plus d’égalité entre les femmes et les hommes. Une date à retenir : le 6 mars 2010. Une manifestation nationale ouverte à toutes et tous aura lieu à Bruxelles et, de mars à octobre, dans de nombreux autres lieux du monde. Avec quatre thèmes centraux : Paix et démilitarisation, Bien commun et souveraineté alimentaire, Pauvreté et indépendance économique, et Violences envers les femmes (5).Ces revendications, elles viennent d’expériences vécues, de souffrances partagées. A présent, et dans chaque région du monde, il s’agit de redonner corps aux idées, qu’elles soient concrètes, palpables, visibles. Et pour ça, rien de tel que de partir du corps – des tripes – pour dire l’injustice. Au niveau de la plateforme bruxelloise de la MMF, c’est ici que Majo Hansotte les a guidées, sans détours ni complexes. Des tripes et des cris du cœur sont nés plusieurs projets, qui ne demandent bien sûr qu’à se démultiplier.
Aujourd’hui, des pistes
Trois groupes se sont formés, trois directions qui s’entrecoupent. Avant tout, pour annoncer la marche, des sacs et des installations, disséminés dans la ville, « infiltrée ». Avec des slogans tels que « Pas de salade dans mon sac », « L’affaire n’est pas dans le sac », « Plus d’accès au travail »… Le 6 mars, on pourra (re)voir ces productions, présentées sur des stands. Au cœur de la manifestation, la marche : le projet développé à ce stade est de défiler masqué-e-s et/ou de distribuer des masques pour oser dire non aux violences faites aux femmes. Celles-ci seront déclinées sur des T-shirts ou des « sawbies » (tissus africains) portés par les manifestant-e-s, qui inviteront le public à les rejoindre dans la marche. D’autres slogans viendront nourrir stands et parade : un dernier groupe s’y est attaché lors de l’atelier mené par Majo Hansotte, avec des slogans tels que « Paroles paroles paroles… Rien que des maux », « Attrape-soumise : mariage fromage ? » ou « Passivité passée Participe présent Participer maintenant ! Mettons-nous en marche ! ».

Et demain ?
Les dynamiques sont en place, il s’agit à présent de les concrétiser et de les ouvrir : à d’autres revendications, mais aussi à d’autres associations bruxelloises – francophones et néerlandophones - et aux habitant-e-s ! Il est essentiel que ce mouvement rejaillisse notamment sur les femmes qui fréquentent toutes ces associations, dès maintenant : qu’elles soient, elles aussi, actrices et créatrices dans ce mouvement mondial ! Si vous êtes intéressé-e, contactez dès aujourd’hui la CBMMF (6) !
Rappelons-le, le mouvement de la Marche Mondiale des Femmes s’étend bien au-delà de la capitale ! Si vous habitez en Flandre ou en Wallonie, et que vous aussi, vous avez envie de préparer cet événement et faire avancer le monde dans le sens de plus de justice et d’égalité entre toutes et tous, contactez votre coordination locale ou régionale (7).
Quoi qu’il en soit, à toutes et tous, rendez-vous à Bruxelles le 6 mars 2010 !
Notes :
1. La Marche Mondiale des Femmes (MMF) est un mouvement international qui rassemble tout un réseau d’associations et qui vise à lutter contre les inégalités et les injustices qui touchent les femmes. www.marchemondialedesfemmes.org.
2. Majo HANSOTTE, Les intelligences citoyennes. Comment se prend et s’invente la parole collective, De Boeck, 2005. La formation « Comment dire le Juste et l’Injuste » peut être suivie au CESEP : www.cesep.be.
3. La Coordination Bruxelloise de la Marche Mondiale des Femmes (CBMMF), ce sont des femmes de Bruxelles, représentant des associations ou venues en leur nom propre, qui veulent agir pour plus d’égalité entre les hommes et les femmes. Cette coordination, comme d’autres coordinations régionales, a une action continue au niveau politique local (communal et régional) au-delà des actions ciblées par la coordination nationale (tous les cinq ans). Cela explique pourquoi Flora entretient un lien constant avec la Coordination Bruxelloise – en plus d’une facilité de déplacement.
4. L’émission "Pourquoi continuons-nous à marcher ?" passera sur Radio Campus au mois de novembre et sans doute sur d’autres ondes.
5. Thèmes fixés en 2008 à la réunion mondiale de Vigo.
6. Maria Miguel-Sierra, de La Voix des Femmes, 02 218 77 87 ; maria@lavoixdesfemmes.org.
7. Pour connaître la coordination la plus proche de chez vous, cliquez ici.