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12 décembre 2012


Deux rendez-vous, deux thèmes : genre et technologie, un intérêt commun


Flora propose une grille de lecture spécifique

Le 21 octobre dernier, le colloque de Sophia « From Cyborgs to Facebook : Technological dreams and feminist critiques » s’installe pour l’occasion dans les locaux d’Amazone sous le titre. Près de 3 semaines plus tard, le 10 novembre, l’IST (Instituut voor samenleving en Technologie) organise au Parlement flamand une conférence sur les thèmes « genre, science et technologie ». Flora a contribué à ces deux évènements pour analyser la situation, lever le voile sur les mécanismes de culpabilisation et élargir le débat.

Dans le public aux deux dates, on compte une majorité écrasante de femmes. Dès les premières interventions, on comprend que le problème lié aux nouvelles technologies et au genre (fracture numérique, accès aux études et métiers IT, etc.) est encore considéré comme un problème des femmes. La technologie et la science seraient sur la bonne voie, entre innovation et consommation tandis que les femmes auraient difficile à se l’approprier. Dans les discussions, on comprend que la technologie n’évolue que pour le bien de chacun mais que les femmes ne suivent pas. Elles feraient les mauvais choix de carrière et d’étude. Elles seraient formatées par les stéréotypes, par leur éducation, par la culture et les médias. Partant de ce constat, l’enjeu est de faire bouger les femmes. Comment leur donner les capacités de s’approprier les nouvelles technologies, comment leur donner les outils pour qu’elles embrassent la technologie ?

Pour Flora, ce constat trop léger orienterait les « études de genre » de façon erronée. Non seulement, l’objectif serait de comprendre pourquoi la moitié de l’humanité, à savoir les femmes, sont si prudes faces à un modèle socio-économique plus adapté à l’autre moitié. Mais aussi, nous sommes face à une culpabilisation et à l’imposition d’une norme qui met les femmes sur la touche. Est-ce ainsi que nous devons aborder la problématique ? Sûrement pas !

De plus, ça ne nous étonne plus que les hommes ne soient pas présents lors de ces conférences. Qu’ont-ils en effet à gagner si les femmes s’investissent dans la science et la technologie, à part de la concurrence ?

La contribution de Flora à ces colloques et aux publications qui ont suivi a permis d’élargir le débat. L’objectif est de regarder ce qui se passe dans le modèle des technologies et de la science. Comprendre son fonctionnement actuel et ses structures permettra de déceler les mécanismes de discriminations dont les femmes et les personnes précarisées dans l’ensemble sont victimes. Enfermer les sciences et la technologie dans une économie concurrentielle, comme c’est le cas actuellement, affecte non seulement les femmes mais aussi les générations futures et la planète. La société de la technologie a rendu une série de groupes vulnérables. Peut-on alors développer une autre approche de la science et des technologies où la collaboration et la coproduction sont sur le même pied d’égalité que la concurrence et la rivalité ?

Pour en savoir plus, consultez les ouvrages suivants :
- DEBLONDE Marian (red), Duizend bloemen en granaten. Over gender, wetenschap en technologie, Leuven, Acco.
- Sophia (ed), From cyborg to facebook From Cyborgs to Facebook : Technological dreams and feminist critiques, à paraître en 2012.

Anne Snick